Le couvent des Pascalines d’Alex Sol (Critique format texte et vidéo)

Le couvent des Pascalines est un court roman d’horreur / Thriller qui nous raconte l’histoire de Louise, une adolescente de 17 ans vivant à la fin des années 1800. Issue d’une bonne famille, elle est fiancée à un certain Gustave avec qui elle a eu des relations sexuelles hors mariage eeeeet… s’en est suivie une grossesse qui, forcément, vu le contexte de l’époque, n’est pas vue d’un bon œil. Mais alors PAS DU TOUT. En effet, avoir un enfant hors mariage est considéré comme une honte, une justification pour les parents de répudier leur fille.

En ce qui concerne Louise, sa famille ne l’a toutefois pas rejetée car, en effet, son père et sa mère l’aiment énormément. Mais ils ne pouvaient pas non plus courir le risque de voir cette grossesse ébruitée. Voilà pourquoi ils l’ont envoyée au couvent des Pascalines, un lieu où des religieuses accueillent filles de bonnes famille, comme de la rue, afin de leur permettre d’accoucher dans la plus grande discrétion.

Et si les plus riches se voient contraintes de payer, en tout cas leurs familles, une pension pour être ici, les plus pauvres en sont exemptées, mais ! Riches comme pauvres, elles doivent toutes donner leur enfant au couvent, qui les revendra ensuite à des familles en mal de progéniture.

C’est ainsi que les soeurs parviennent à financer leur vie, ainsi que celle de leurs pensionnaires. Malheureusement, une quasi famine frappe le couvent depuis quelques temps, les récoltes des potagers du lieu ayant été mauvaises et une vague de morts prématurées ayant frappée les derniers nouveaux nés.

Louise, elle, n’est qu’à plus qu’une semaine du terme de sa grossesse et se voit imposée une nouvelle colocataire, une certaine Eugénie, fille d’une famille modeste. Et en arrière plan, des rumeurs se répandent entre les pensionnaires. En effet, on parle de l’arrivée d’une prochaine Vague. Un moment où les naissances sont forcées par les soeurs et qui est fortement craint par les jeunes femmes.

Autant le dire, j’ai beaucoup aimé ce roman. Il est court, 214 pages, mais je n’ai pas eu le sentiment qu’il manquait de développement, ou que les choses allaient trop vite. C’est d’ailleurs difficile de le reposer une fois commencé, tant les évènements s’enchaînent, tant on veut avoir le fin mot de l’histoire, tant l’horreur nous frappe et nous pousse à continuer pour découvrir ce qui va arriver à nos personnages.

Pourtant, Louise n’est pas un personnage très sympathique. En tout cas au début. Elle est hautaine, méprisante envers ceux qui n’appartiennent pas à son milieu (Il n’y a qu’à voir comment elle traite la pauvre Eugénie) et orgueilleuse quant à ses connaissances qui la démarquent de bien des femmes de son époque. Elle rêve en effet de devenir médecin et, pour cela, ne cesse d’étudier dans ce sens, consciente toutefois que pour une femme, il est difficile de pouvoir faire un tel métier, et encore plus quand on appartient à une bonne famille — les gens de sa classe n’étant pas censés travailler.

On la voit toutefois changer, devenir moins dure, devient même compatissante au fur et à mesure que les évènements horrifiques se produisent. Elle en devient presque sympathique et, au final, si j’ai eu un peu de mal avec elle au début, j’ai réussi à ressentir de la compassion pour elle. Mais pas que ! En effet, il n’est pas difficile de se prendre de compassion également pour les autres pensionnaires, en particulier Eugénie, une fille bien mal fortunée à qui il est arrivée des évènements traumatiques.

Le texte est dur. Si on n’aime pas les scènes graphiques, je pense qu’il vaut mieux passer son chemin. Certains passages sont plutôt lourds, difficiles à lire, dégoûtants, même. Je ne m’attendais pas à ce que ça aille aussi loin. On est vraiment sur un récit d’horreur pur, où le pire est possible, où le danger guette à chaque tournant.

Et si l’épilogue m’a moyennement convaincu, dans l’ensemble, ce fut une très bonne lecture. Dure, mais distrayante à sa façon.

Je pense que je vais donc m’intéresser aux autres titres de cette autrice, en espérant que ceux-ci seront aussi bien fichus que Le couvent des Pascalines.



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